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Montée en puissance des forces aériennes des Emirats Arabes Unis

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Un rééquilibrage stratégique des forces aériennes dans le Golfe.

 

La commande finalisée de chasseurs Rafale faite par Abu-Dhabi, représente une aubaine économique pour Le groupe français Dassault,  5 milliards d’euros selon les estimations. Mais  ceci n’a surpris personne car les négociations avaient lieu depuis longtemps même si la France a souvent échoué dans ses tentatives d’exportation du Rafale. Par contre le chiffre de 63 appareils est impressionnant. Il faut dire qu’il s’agit d’un chasseur de 4ème-5ème génération, un des meilleurs avions au monde et qui est déjà pleinement opérationnel dans l’Armée de l’air française et au seins de la force aéronavale française.

 

Sachant que toute la pensée stratégique de la défense territoriale dans les pays arabes du Golfe, est orientée vers la menace fictive iranienne, on peut imaginer qu’une telle acquisition  peut contribuer à  hausser le niveau de la crédibilité de la défense du champ de bataille.

 

Il est vrai qu’il est plus difficile de protéger les grandes agglomérations urbaines des représailles balistiques iraniennes, probables en cas de guerre ouverte avec Téhéran.  Néanmoins, avoir la suprématie aérienne garanti une supériorité tactique aux troupes au sol, si les pays du Bouclier de l’Île (Alliance militaire de 6 pays arabes du Golfe), maîtrisent leur espace aérien ils pourront se prémunir contre un déferlement terrestre iranien. Il est logique que sans couverture aérienne, assurée par des avions d’attaque au sol ou des bombardiers, aucune armée ne soit capable de refouler une armée ennemie qui dispose de cet atout décisif.

 

Si on ajoute les 63 Rafale émiratis aux 100 chasseurs Typhoon (Eurofighter) que l’Arabie Saoudite a commandés et qui ont les mêmes performances, sans oublier les centaines de Mirage-2000, de F-15 ou F-16 modernisés, on obtient l’une des plus puissante flotte aérienne de combat dans le monde, du moins en théorie. Ce qui est sure, c’est que l’Iran est incapable d’aligner actuellement une force aérienne aussi bien dotée technologiquement que  les forces aériennes arabes membre du Bouclier de l’Île.

 

La République Islamique peut quand même remédier à cette situation, en achetant massivement ce que la Russie fabrique de mieux, des Sukhoï-30 ou Mig-31, ce qu’elle a déjà entrepris en acquerrant pour commencer 5 Mig-31, par le biais de la Syrie. On peut même envisager que Téhéran commandera des J-10 chinois, en attendant de réaliser ses ambitions d’autosuffisance industrielle aéronautique, un objectif qu’elle n’est pas très loin d’atteindre vu les progrès réalisés dans ce domaine, notamment avec son chasseur nationale au stade de prototype, le Shafaq ou son Saegheh, un chasseur léger calqué sur le F-5 Tigre et également son jet d’entraînement et d’attaque Azaraksh. En ce qui concerne les voilures tournantes, même si actuellement les iraniens ne produisent pas d’hélicoptères de combat, leur industrie fabrique plusieurs gammes d’hélicoptères de transport ou spécialisés. Si beaucoup ont tendance à insister sur leurs doutes à propos des capacités réelles des appareils iraniens, il ne faut pas oublier que la qualité n’est pas tout, les iraniens peuvent opter pour la logique de la supériorité numérique, du débordement et de la saturation.

 

Il naturellement légitime pour des pays d’une région instable géopolitiquement, de chercher à se doter d’une défense musclée, mais cet arsenal énorme peut conduire à des surenchères interminables. La grande quantité de machines commandées peut se justifier par l’aisance des moyens économiques de ces monarchies des pétrodollars particulièrement riches. Mais est ce vraiment une question d’abondance économique ou les pays arabes du Golfe se donnent tous les moyens car ils se voient au seuil d’une guerre inéluctable ? Il va de soi que "club occidental" les encourage et les pousse dans ce sens.

 




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