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La nouvelle stratégie de l’armement syrien

le Buk-M1 est l'un des systèmes de défense aérienne les plus modernes dans le monde et avec le Pantsir/Tunguska formera la colonne vertébrale de la DCA syrienne.
La nouvelle stratégie de l’armement syrien

 

Depuis peu on assiste à un débat original sur les questions d’acquisition d’armement par la Syrie. Original, car c’est un débat qui a rarement lieu, vu la discrétion avec laquelle Damas traite les questions touchant à la  sacro-sainte sécurité nationale. Le régime syrien a toujours entouré ses programmes d’armements d’un secret opaque. Mais voilà maintenant le président qui rompt avec cette tradition en déclarant ouvertement des ambitions d’achats important pour rehausser les capacités de l’armée. Lors de sa dernière visite à Moscou, le principal fournisseur de matériel militaire à la Syrie, il a discouru publiquement sur le fait que le gouvernement russe ne doit pas se restreindre dans ses contrats de vente d’équipement militaire avec son pays qui lui a toujours été favorable politiquement sur la scène internationale. Il sous entendait par là que Moscou ne doit pas succomber aux pressions américaine et israélienne quand ces deux pays cherchent à bloquer la fourniture d’armes sophistiquées à son pays sous peine de créer un déséquilibre régionale. Il argumente son raisonnement par le fait que Israël n’a pas hésite à armer la Géorgie avec sa meilleure technologie industrielle, notamment en lui fournissant des drones.

 

L’opposition de Washington à  la vente de ces équipements sensibles, a souvent porter ses fruits, mais pas toujours ni systématiquement. Si la Russie n’a toujours pas accepté la vente du missile Iskander-E à Damas, elle n’en a pas vendu non plus à un autre pays, car il s’agit surtout d’une technologie qu’elle a peur de voir plagier par un pays tiers tel que l’Iran ou la Corée du Nord.

 

Il vrai qu’un missile balistique d’une portée courte qualifiée de tactique et qui possède une précision décamétrique, est un facteur de balancement de rapport de forces. Mais cela ne veut pas dire que la Russie ne cherche pas à satisfaire son vieux client du Proche-Orient. Le pouvoir russe a même été jusqu’à effacer la dette de 14 milliards de dollars de la Syrie, à fin de lui permettre de racheter de nouvelles armes. Pendant les cinquante ans de collaboration entre les deux pays et qui tenait plus de l’alliance militaire que de la collaboration, le Kremlin n’a pas hésité à transférer aux syrien ce qu’ils avaient de mieux comme armes. Cette tendance s’est répétée récemment avec la vente du fleuron de l’industrie aéronautique russe, à savoir le chasseur de 4ème génération de supériorité aérienne, le Mig-31-E.

 

Mais lors de la dernière commande passée par les syriens, les requêtes d’achats soumises à Moscou concernaient à tout autre genre d’armement qui pourraient paraître moins prestigieux que des avions de chasses ou des sous-marins, mais qui sont au final plus en phase avec la nouvelle doctrine de guerre syrienne. Il s’agit de systèmes à vocation défensive avant tout, des armes antichars et des missiles de défense aérienne pour l’exemple.

 

L’achat d’un tel matériel plutôt que d’un tel, nous permet de profiler la doctrine d’emploi lors d’une guerre et par conséquent, ça permet de préfigurer un scénario de fonctionnement stratégique ou tactique. C’est pour cette raison que l’armée syrienne a toujours pratiqué le secret quant à ses équipements. Il en est de même avec l’industrie militaire syrienne, le régime ne s’est jamais enorgueilli en affichant dans les défilés les réalisations de ces usines. Il n’a jamais exposé ses missiles de fabrication nationale en public.

 

Mais les stratèges syriens ne cachent plus leur volonté de formater une partie de l’armée sur un nouveau mode défensif. L’Armée Syrienne qui est la deuxième plus puissante du monde Arabe (du moins en théorie) et qui affiche sur papier un parc d’armes impressionnant, comprenant 4200 chars et 500 ou 600 avions de combat, a décidé d’adopter un schéma calqué sur un mode dune guérilla endurante. Il s’agit dorénavant de  pratiquer une guerre asymétrique face à des adversaires disposant d’une supériorité technologique reconnue.

 

Même si le ministère de la défense syrien n’est pas encore prêt pour une restructuration ou une diminution  du format actuel massif de ses troupes et de ses équipements, on peut pressentir un changement d’optique chez ses planificateurs. C’est fini les investissements massifs dans des armes qui sont réputées d’une grande valeur stratégique. Le genre de matériels pour lequel  l’armée de terre syrienne a opté, fait penser à la guerre de 2006 entre le Liban et Israël.

 

Il est clair que les méthodes de guerre et l’armement du Hezbollah libanais ont fait école, et ceci est valable pour d’autres forces armées à travers le monde, comme c’est le cas pour le Venezuela dont le gouvernement sous la direction de Hugo Chavez a invité le Hezbollah à établir des camps d’entraînement pour les milices vénézueliennes sur leur propre sol, à la porte même des Etats-Unis. Pour cela, le Hezbollah a même créé une branche latino-américaine et dispose déjà de cinq bases  opérationnelles dans la jungle, offerte par Caracas. Qui aurait cru que la Résistance Libanaise disposerait un jour de base opérationnelle en Amérique de Sud, qu’elle entraînerait des guérilleros sud américains sur la demande de leurs chefs, certains de ces révolutionnaire latino-américains dont une majorité de vénézueliens qui ont rejoint le Hezbollah, se sont même converti à l’Islam, séduits par l’idéologie et le culte du « Martyre Combattant ».

 

Il n’y a rien d’étonnant que les penseurs de la défense syrienne, assimilent les leçons de la victoire de la Résistance sur l’armée israélienne et mettent maintenant ces leçons en application.

 

 

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