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L'Iran, la Syrie et l'Arabie, impliqués en Somalie ?!?

Les Tribunaux Islamiques reprochent au gouvernement sa corruption et son clientélisme !Un nouveau front pour les islamistes !

 Les troubles récents en Somalie ont étés très médiatisés ces derniers temps. Même si la situation dans ce pays est très critique, il n’empêche que la couverture médiatique est beaucoup plus significative que lorsque le pays se déchirait entre factions armées.

 Alors, qu’est ce qui a changé depuis ?

 Si la Somalie a toujours été instable, il n’a jamais été question pour autant, d’une crise débordante sur toute la région. C’est dans cette probabilité d’extension, que résident les craintes affichées par certains pays limitrophes ou européens.

 Quand Mogadiscio était discutée entre milices et groupes dirigés par les seigneurs de guerres, personne ne s’émouvait par ce qui se passait, mais dès lors que les Tribunaux Islamiques se sont emparé du pouvoir dans la plus grande partie du pays, on a enregistré des grands remous. Les principaux intéressés et acteurs externes qui se sont dressés face à eux, sont le gouvernement somalien chassé de la capitale appuyé indirectement par les Etats-Unis et plus directement par l’Ethiopie.

 L’intervention éthiopienne, discrète au départ a vite tourné à l’offensive déclarée et massive par la suite, ce qui a poussé les Tribunaux islamistes à céder leur acquis et se replier sur le sud du pays où ils sont cantonnés maintenant. C’est cette offensive qui a également permis de rétablir le gouvernement qui avait fuit, ce même gouvernement qui aujourd’hui cherche l’appuie des milices de tous bords et leurs décideurs féodaux, afin de contenir la montée de l’islamisme contestataire du pouvoir et à qui il reproche surtout sa corruption flagrante.

 Il ne faut pas se leurrer, Washington se dit principalement inquiète du fait que la Somalie risque de devenir un deuxième Afghanistan, car on y assimile le mouvement des Tribunaux Islamiste à celui des Talibans et que les camps d’entraînements y fleurissent, mais il s’agit surtout de lutte d’influence entre voisins et ambitions de puissances étrangères qui cherchent à s’affirmer dans cette région de la Corne Orientale de l’Afrique.

 L’Ethiopie a vitalement besoin de maintenir un gouvernement qui lui soit favorable dans ce qui constitue son seul accès à la Mer Rouge. Sans oublier qu’il en va aussi de son prestige du plus important pays de la région de point de vue démographique.

 On accuse l’Iran et la Syrie d’offrir l’aide logistique aux Tribunaux Islamique en Somalie. Cette affirmation a l’air de tenir plus d’une propagande américaine classique, que d’un fait avéré.

 Admettons cependant, pour ne pas paraître paranoïaques quant à la politique étrangère américaine, que la position stratégique de la Somalie peut influer sur le passage des pétroliers dans la Mer Rouge. Ainsi l’Iran pourrait par le biais de ses bons rapports, perturber efficacement le flux énergétique fossile. Mais cette théorie occulte le fait que Téhéran peut bloquer toutes les livraisons maritimes des pays du Golfe, en interdisant le détroit d’Hormuz, ce qui est tactiquement largement à sa portée et facile de par son potentiel militaire et la disposition géostratégique.

On peut également rajouter pour discréditer la thèse d'un engagement massif de l'Iran dans ce conflit, le fait que la somalie est un pays à majorité sunnite, il faut donc éxclure un raprochement idiéologique islamique.  

 On ne voit pas très bien non plus pourquoi la Syrie s’investirait dans ce conflit si lointain de ces préoccupations pragmatiques. Et encore moins ce qui pousserait le Hezbollah libanais à former des combattants somaliens comme certaines sources l’affirment.

 Si les combattants somaliens disposent de camps d’entrainement en Erythrée voisine, pourquoi iraient-ils s’entrainer si loin dans la Bekaa libanaise ? Surtout que la topographie, la nature et le climat sont très différents dans les deux pays. Comment 700 à 800 somaliens auraient pu prendre part aux combats au Sud du Liban comme il a été prétendu, sans que personne au Liban ne s’en aperçoive, dans une région d'une telle densité urbaine et où il n’y a pratiquement pas d’étrangers et encore moins de résidents d'origine africaine. Il est quand même facile de distinguer un libanais d’un somalien.

 Si l’Arabie Saoudite est impliqué dans le soutien financier de ces factions islamiques, cela ne peut être émanant que d’une initiative populaire saoudienne et l’œuvre de certains groupes salafiste, mais en aucun cas le gouvernement de Ryad l’approuverait. Il est plutôt de son intérêt de maintenir la région froide.

 Le même raisonnement s’applique à l’Egypte qui n’a aucun intérêt à voir son canal du Suez déserté par les pétroliers. La piraterie maritime est monnaie courante sur cette façade maritime de l’Afrique.

 Il est clair que les enjeux de cette crise impliquent plusieurs états intéressés, mais l’ambiguïté de leurs rôles et ambitions reste complète. Et ce n'est pas non plus la première fois que les américains cherchent à créer des liens fictifs qui n'existent que dans les rapports de leurs agences commanditées, entre tous leurs adversaires qu'ils cherchent à diaboliser.

 

 

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