TARSANA ترسانة

Le Liban connait de nouvelles violences,Fateh el Islams'en prend à l'Armée Libanaise.

Plus de 600'000 palestiniens vivent au Liban dans une douzaine de camps de réfugiers, qui au bout de 40 ans sont devenus des bidonvilles autonomes. Le camps de Nahr-el-Bared compte 30'000 palestiniens.Des affrontements violents se déroulent au nord du Liban.

Voilà trois jours qu’une vaste opération est lancée par l’Armée Libanaise et les forces de la Sureté Intérieure , avec pour objectif sans concession, l’arrestation ou l’élimination définitive des factions terroristes de Fatah-el-Islam.

Tout a commencé lorsqu’un groupe armé a attaqué une banque à Koura et y a dérobé une grande somme d’argents. Les forces de l’ordre se sont mises à la poursuite des braqueurs et ont réussi à les  localiser. Les agents de la Section Maaloumat, (sevice récent dépendant de la S.I ), ont décidé ensuite de donner l’assaut afin d’arrêter les malfaiteurs. Mais il faut croire que les agents ne s’attendait pas à tomber sur un groupe de combattants islamistes, (armés jusqu’aux dents et ceinturés même d’explosifs, des kamikazes qui avaient l’air de se croire en plein Iraq ou Afghanistan), car ils n’ont même pas pris la peine de mettre au courant les unités de l’armée libanaise déployées dans la région.  ! Les conséquences de ce manque de coordination furent graves, Fateh-el-Islam  avait apparemment tout orchestré et au moment où ses membres étaient en plein accrochage avec les agents de la Sureté à Tripoli dans le quartier de Zahirieh et aux alentours de l’immeuble Abdo, d’autres de ses combattants ont décidé de sortir du  camp palestinien de Nahr-el- Bared, pour attaquer l’armée. Les soldats libanais qui ne se doutaient de rien et qui n’étaient pas tenus au courant des évènements, ont été surpris et tués, certains ont étés même égorgés dans leurs tentes.

Cette attaque sans raisons directe a été mal digéré par tout le monde au Liban et condamnée immédiatement par tous les partis politiques, mouvements ou organisations, et en particulier les palestiniens. Les troupes régulières sont très populaires au pays du Cèdre, car l’armée ne s’est pas beaucoup mouillée durant l’époque de l’anarchie politique, dans la guerre civile. Elle est perçue comme la seule institution réellement patriotique et sans confessionnalité ou clientélisme et à ce juste titre elle est considérée comme  la vraie garante de l’unité nationale.

L’appuie internationale n’a pas tardé à arriver non plus. Moscou fut la première à exprimer ses inquiétudes sur la situation, Javier Solana s’est réuni avec certains responsables à Beyrouth où il les a assuré du soutien de l’Union Européenne. Tout comme G.W. Bush avant lui et les inévitables bureaucrates de façade de la Ligue Arabe. Bref le général Michel Suleyman a reçu le soutien tacite du monde entier, mais toujours aucune initiative gouvernementale qui lui donne les directives politiques pour agir.

L’armée a décidé alors d’intensifier sa présence dans le secteur, en particulier à Tripoli la plus grande ville du nord du pays et aux alentour du camp palestinien qui constitue le vrai bastion de ce mouvement obscur.

Il est apparu très vite que la vrai motivation de ce groupe est de déstabiliser le pays intérieurement, car tout a été prévu afin d’attirer l’armée national dans un bourbier et de lui faire subir de lourdes pertes. Un scénario d’escalade militaire que cette dernière n’avait pas prévue. Le déploiement  des forces de l’ordre dans la région, ne s’est pas fait sans accrochage, tandis que les onze miliciens retranchés dans le bâtiment Abdo, étaient encerclé par la Section des Panthères « Al-Fouhoud » le groupe spécial d’intervention de la gendarmerie, les renforts de l’AL ont quitté Beyrouth pour rejoindre le Nord, Une brigade de 1200 hommes composée d’unités du Régiment des Blindés, accompagnées par des troupes d’infanterie mécanisée.

Le groupe d’intervention « Al-Fouhoud », a vite fait de réduire les terroristes, après avoir renoncé à les capturer vivants car les assiégés étaient ceinturés d’explosifs et n’avaient pas l’air d’envisager une reddition. Comme l’assaut au « close-fightingting » semblait risqué, c’est à coup de grenade et à bonne distance que les fugitifs furent exterminés. Parmi les abattus, on compte un de leur chef, le numéro trois de leur organisation dénommé Abou Yazn.  La somme d’argent de la banque attaquée fut retrouvée dans un appartement de l’immeuble.

De son coté l’armée, après avoir ratissé et nettoyé les faubourgs de Tripoli, a essayé d’encercler le camp de Nahr-el-Bared. Pour ce faire elle a dû monter un raid sur deux des collines les plus environnantes du camp. Au bout de quelques heures elle a enfin réussi à encercler totalement le camp. La riposte pouvait commencer. Damas s’est empressée de fermer les deux passages douaniers de la frontière syrienne avec le nord du Liban.

De point de vue légal mais surtout politique, l’Armée Libanaise ou toute autre institution étatique libanaise, n’a pas le droit d’intervenir dans les camps de réfugier palestiniens, une décision que le Liban doit aux accords avec la Ligue Arabe voilà des années. Cette particularité a fait des camps palestiniens des territoires autonomes et assujettis aux directives des clans et mouvements palestiniens. Comme ces portions de terre échappent à tout contrôle libanais, elles sont devenues des refuges pou tous genres de fugitifs et insurgés, qui peuvent même s'y procurer des armes ou s’entrainer dans les camps.

Sachant donc que l’armée ne peut pas pénétrer dans le camp, les éléments de Fateh-el-Islam lancent leurs attaques depuis l’intérieur du camp, avec toute une panoplie d’armes légères et lourdes. La riposte militaire s’est faite au moyen de canonnade de chars et d’artillerie tractée. Le pilonnage des positions  des miliciens, a provoqué une vague de panique chez les civiles palestiniens et l’adresse souvent vantée des artilleurs libanais(les troupes syriennes en avaient subi la preuve en 89), n’a pas réussi à éviter complètement les dommages collatéraux, on parle de dizaines de blessés et peut-être des morts chez les civiles. Les camps palestiniens constituent des bidonvilles à tissu urbain très dense, on ne compte pas moins de 600'000 palestiniens au Liban et le camp de Nahr-el-Bared en accueille 30'000. Il existe une douzaine de ces camps au Liban.

La milice de Fateh-el-Islam, fondée par Shaker Elaabsi, un cadre dissident de Fateh-el-Intifada et condamné par la Syrie , ne compte pas plus de 300 combattants selon les estimations officielles à 500 combattants selon les déclarations tardives du mouvement. La plupart de ses éléments sont étrangers d’origine saoudienne, syrienne, yéménite ou égyptienne, elle compte également quelques actifs libanais et palestiniens. Mais son petit nombre ne l’empêche pas de poser de sérieux problèmes sécuritaires pour le pays et les supprimer n’est pas évident, à cause des conditions évoquées et des pertes civiles énormes que ça engendrera, sans parler des reserves humaines énormes des islamistes étrangers qui peuvent affluer à moyen et long terme. Parmi les miliciens éliminés figuraient même des tunisiens... 

Certaine sources affirment que 10'000 palestiniens ont déjà quitté le camp par peur des bombardements. Le groupe terroriste lui a promis de déclencher le chaos au Liban, effectivement deux attentats ont suivi cette déclaration, même s’il existe des doutes quant à la responsabilité du même groupe. La première bombe a explosé à l’est de la capitale dans le quartier chrétien d’Achrafieh au moyen d’une voiture piégée et la deuxième bombe du même type et qui pesait 30 kg, a explosé dans le quartier de Verdun le lendemain, tuant, blessant et terrorisant des civiles.

C’est dire combien la situation est tendue, et la marge de manœuvre de l’AL reste très serrée. Des patrouilles circulent partout et des contrôles sont improvisés dans tous les secteurs sensibles. Deux hommes ont été interpellés avec des explosifs de plusieurs sortes. Une trêve a été conclue afin de faciliter les secours et les évacuations, mais des tirs sporadiques ont eu lieu malgré le cessez-le feu.

Le bilan actuel affiche une perte de 25 soldats et gendarmes et l’élimination d’une trentaine de miliciens islamistes, ces chiffres sont provisoire car même si trêve s'installe il est peu probable que les affrontements et attentats cessent dans l'immediat.

Une dégradation de la situation est envisageable si le gouvernement de Fouad Saniora ne prend pas ses responsabilités, car en dehors du soutien verbal de son cabinet, le premier ministre libanais n’a donné aucune directive ou décision politique à l’armée nationale. Sans plan d’action ou une stratégie plus globale du gouvernement afin de résoudre ce problème, l’armée ne peut que rester en position de self-défense et chercher à contenir le danger du mieux qu’elle peut. C’est trop lui demander. Sur les 56'000 soldat qu’elle compte, l’AL en a déjà déployés 20'000 au sud du pays face à Israël, 12'000 soldats sont également déployés en appuie aux douanes pour lutter contre la porosité tout au long des frontières avec la Syrie.

Ce comportement illogique du gouvernement Saniora et sa fuite des responsabilités, pousse certains libanais à croire que tous ces évènements ont été tramés par des membres influant du gouvernement pour déstabiliser le pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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