TARSANA ترسانة

L'évolution de la pensée stratégique syrienne

Damas favorise le potentiel de nuisance à celui de la combativité. (partie 1)

Parmis les système de défense que la Syrie comptait commander, le SA-300 a été bloqué par les lobby sioniste. Ce système permet l'interception d'avions ennemies dans un rayon de longue portée. 

Sur le papier, l’inventaire de l’armement syrien est impressionnant de point de vue quantitatif. Cependant toutes les analyses et recherches menées par les services de renseignements occidentaux, les instituts privés de recherches géostratégiques ou des commissions étatiques d’évaluation, tendent à démontrer que l’armée syrienne est un lion en papier.

 

 

Il est vrai que par opposition comparative, les analystes placent la Syrie , dès qu’il faut la jauger militairement, sur le même échiquier qu’Israël. Dans ce cas de figure, il est clair que les critères de classement pénalisent l’armée syrienne pour des considérations qualitatives et de modernité.

 

 

On évoque souvent pour mettre en évidence la vétusté de l’armée syrienne, le vieillissement de son équipement et le doute sur la suffisance de la formation de ses opérateurs. Considérer ce fait comme une donnée décisive est un raccourci erroné, car c’est confondre la notion d’âge du matériel et de sa qualité. Le terme obsolète est souvent employé comme adjectif de l’équipement syrien, ce qui est inapproprié. Même si aujourd’hui un char de combat lourd tel que le T-72, est dépassé par un nouveau modèle de la même famille ou qu’il est désavantagé face à un Merkava 3-4 israélien, on ne peut pas en déduire qu’il est devenu inapte au combat. Il faut relativiser la supériorité de la nouvelle génération, sachant que le T-80 de la même famille ne dispose pas d’une puissance de feu supérieur si ce n’est par le couplage d’un missile lançable tel un obus par le canon. Les nouveaux chars sont certainement mieux protégés grâce à aux blindages réactifs additionnels, mais la protection basique des engins n’est pas améliorée ou du moins sa conception est similaire. Les progrès accompli dans le domaine des chars de combat, tient dans l’amélioration des systèmes de visée et d’acquisition d’objectifs, ainsi que dans le domaine de détection et d’alerte dévolus à la survie du char. Les chars récents qui ont une tourelle stabilisée sont peu nombreux, de toutes les gammes actuellement déployées, il n’y a que le Leclerc français ainsi que le T-90 russe qui en est muni.

 

 

D’un autre coté, les blindés de troisième génération ont généralement une conception presque modulaire ce qui permet l’adaptation de nouveaux matériels et technologies dessus, pour en améliorer les performances. Le marcher de revalorisation des appareils existants est en pleine croissance et de plus en plus des armées à travers le monde, optent pour cette solution car ils ne peuvent pas remplacer leurs machines par contrainte économique.

 

 

Notons que les chars de 3ème génération continuent à former la colonne vertébrale de beaucoup d’armées, même parmi les plus craintes dans le monde, ainsi il en va pour la Russie ou la Chine , qui commencent seulement maintenant le renouvellement de leurs parcs, à rythme très lent d’ailleurs.

 

 

Cette tendance de remise à niveaux du matériel existant, est animée avant tout par un souci économique, mais il faut souligner le fait qu’il existe une quantité impressionnante d’armement  inopérant à cause du manque de pièces de rechange et d’une mauvaise logistique. Beaucoup de pays de la région ont procédé à l’achat d’énormes quantités d’armes dans les années 70, ce qui constitue un grand lègue pour les troupes actuelles.

 

 

Pour ces raisons, les autorités syriennes ont procédé à la modernisation de leur parc énorme de chars T-72. Mais même revaloriser une machine à la place d’en acheter une autre, reste couteux, la raison pour laquelle la R.A .S n’envisage de moderniser que 500 unités sur les 1500 T72 que Damas possède. Cette modernisation de ses blindés, la République Arabe Syrienne l’a confiée à une société italienne.

 

Certains commentateurs israéliens, ont vu dans ce contrat une donne sérieuse à prendre en considération et n’ont pas tardé comme à leur accoutumé, d’accuser Damas de menacer la stabilité du Proche-Orient en se réarmant de la sorte. Il n’y a rien de surprenant dans le fait qu’un pays cherche à entretenir ou à améliorer ses équipement, mais Tel-Aviv y verra toujours une occasion pour surenchérir.  Qu’auraient dit les israéliens, si la Syrie à la place de booster ses vieux chars, aurait décidé de les remplacer par des nouveaux ? Ce n’est qu’une question de pure forme, le poids des protestations sionistes ou américaines à Moscou n’est un secret pour personne et les israéliens ont même souvent réussi à faire avorter une vente d’armement russe à la Syrie et ce, même pour un armement défensif n’entrainant  aucune violation de loi, le meilleur exemple est le blocage de la vente du sytème de défense aérienne russe S-300

 

Le seul point regrettable consiste dans le choix d'une firme étrangère ! Damas ne semble pas pressée de vouloir instaurer une industrie nationale des blindés, ou au moins à défaut de les fabriquer, elle pourrait les transformer avec des capacités techniques locales à l’instar de ses deux voisins, turque et jordanien.

 

 

Le marché de la revalorisation des équipements est en plein essor et englobe aujourd’hui tous les secteurs des armes lourdes. Outre ses chars de combat, le gouvernement syrien devrait moderniser sa flotte aérienne de MIG-29 et Soukhoï et s’il ambitionne de garder une marine de guerre crédible, il devrait accorder le même traitement à ses sous-marins âgés et aux patrouilleurs lance-missiles Osa, qui forment la colonne vertébrale de l’action navale.

 

 

Ce sont ces données qui doivent façonner le paramétrage de la stratégie d’acquisitions matérielles ...

 

...(Suite...partie 2)...

 

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