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L'évolution de la pensée stratégique syrienne

Damas favorise le potentiel de nuisance à celui de la combativité. (partie 2)L'alliance entre l'Iran et la Syrie se concrétise. Les deux presidents de l'axe Damas-Téhéran!

Si nous devons esquisser la pensée stratégique du Régime Baathiste, (en l’approchant à la surface car il serait prétentieux de croire pouvoir décortiquer le rouage mentale des dirigeants et décideurs), nous devrions prendre en considérations les facteurs suivants :

 

 

_La volonté des dirigeants et leur aspirations

_La dispositions des forces armées et leur état d’opérabilité

 

_Les difficultés, la limite et la marge de manœuvres politique de l’état

 

_Les difficultés, la limite et la marge de manœuvres économiques de l’état

 

_Le potentiel globale de la nation de points de vue démographique, géographique ou des ressources dont elle dispose

 

 

 

-La volonté militaire absolue du régime syrien en dehors d’assurer la souveraineté du pays, est entièrement tournée vers les Hauteurs du Golan syrien, occupées depuis la défaite de 67 par l’armée israélienne et dont la libération est la priorité majeure de l’armée syrienne… Ceci est la vision classique des masses populaires, mais des voix s’élèvent aujourd’hui pour émettre des doutes quant à la sincérité du régime. Certains citoyens s’insurgent du fait que l’état d’urgence est décrété depuis 30 ans, sans aucune évolution de la situation tactique, que le budget de la défense absorbe énormément d’argent publique sans aucune réelle volonté d’affronter Israël pour libérer le Golan et que l’armée est tout aussi corrompue que le reste des institutions.

 

 

C’est une manière indirecte de dénoncer les motivations réelle du régime et qui sont des motivations d’intérêts personnels. Beaucoup pensent que le gouvernement a maintenu l’état d’alerte en permanence pour justifier l’ingérence des divers services de sécurité dans la vie du peuple et le contrôle de toutes les institutions publiques ou privées et de tous les secteurs d’activité. Il s’agit du régime arabe classique ! La déduction de ce raisonnement est que les décideurs cherchent avant tout, le pouvoir de rester au pouvoir.

 

 

L’ancien président syrien Hafez el Assad était surnommé le Bismarck du Moyen-Orient, car il était réputé pour avoir une vision stratégique lointaine et très perspicace. Avec ce renard de la politique qui était craint et très considéré dans la région et au-delà,  les intérêts vitaux de la Syrie dépassaient le cadre de ses frontières. Avec la disparition de l’ancien président, considéré comme le père de la nation syrienne contemporaine, c’est une nouvelle doctrine qui a été mise en place mais qui reste très floue dans ses lignes de construction, car la vision et planification de la sécurité nationale ne se font plus sur une prévision à long terme et le régime semble avoir abandonné les anciennes ambitions de jouer un rôle important régionalement.  Si le pays a été longtemps préparé pour une guerre que la junte militaire estimait inévitable, aujourd’hui la consigne est semble t-il de maintenir le minimum vital nécessaire au bon fonctionnement de l’armée mais sans chercher à développer réellement ses performances.

 

 

Mais là encore, il faut nuancer cette constatation et ne pas prendre cette tendance pour du laxisme ou à un encrassement dû à de l’incompétence gestative. Il y a réellement une nouvelle doctrine et mode d’emploie pour les forces armées. Une nouvelle stratégie dictée par les desseins de l’alliance de plus en plus concrète avec l’Iran, une alliance  qui commence à porter ses fruits au niveau de la coopération militaire les deux pays. Avec l’installation des nouvelles bases de radars au nord de la Syrie , capables de couvrir tout le nord de la Péninsule Arabe et financées en bonne partie par Téhéran, une preuve de la solidarité de l’axe Damas-Téhéran a été donnée.

 

 

La situation a changé pour les stratèges et leurs analyses sont désormais modelées par une école de pensée plus actuelle. En raison de la disproportion des moyens de l’ennemi israélien autant économiques que militaires et de l’aide inconditionnelle et totale des Etats-Unis, les syriens ont compris qu’ils ne pourront probablement jamais remporter une victoire dans une guerre d’un schéma classique. Alors un modèle de guerre asymétrique s’impose aux planificateurs de la défense.

 

 

Aujourd’hui, ce sont de vraies réformes dans l’appareil militaire qui ont lieu, mais d’une façon relativement discrète. Le mot d’ordre semble être, plus de  souplesse, de mobilité et moins de lourdeur logistique.

 

 

Si dans le passé Damas n’hésitait pas à amputer 60% de son PNB au profit de son budget de défense, c’était surtout dans le but de s’approvisionner  avec le meilleur armement disponible dans le Bloc de l’Est et la partie des dépenses dédiée à l’acquisition du matériel, était de loin plus importante que les dépenses prévues au fonctionnement générale de l’institution militaire, pourtant énorme dans ses effectifs. Aujourd’hui les nouveaux achats sont moins conséquents et concernent surtout des équipements d’infanterie, en particulier des missiles anti-char et des armes anti-aériennes de courte portée.

 

 

En dehors de ces commandes secondaires, c’est tout un autre arsenal que la Syrie souhaite vraiment obtenir, il s’agit d’armes de nature plus décisive telles que les missiles S-S Iskander E, des batteries de missile S-A ou de missiles de croisière. Mais ces envies se heurtent aux contestations israéliennes et américaines adressées aux russes et nombre de sociétés d’armement russes se sont vu imposé des sanctions unilatérales de Washington. D’un autre coté Moscou ne peut pas négliger la rente économique du secteur des industries de défense et qui génèrent beaucoup d’argents et d’emploies. En outre la Syrie peut compter sur d’autres fournisseurs potentiels comme la Chine , sans parler des aides militaires iraniennes.

 

 

Le changement structurel pour passer d’une armée lourde calquée sur le modèle soviétique à une armée constituée de petites unités beaucoup plus autonomes et plus aptes à résister à une guerre préventive, ne sera pas totale. Les troupes formatées sur le modèle de guérilla à la libanaise,  pourront beaucoup mieux absorber une attaque qui aurait pour but de décapiter l’armée en détruisant ses commandement et points vitaux, mais il n’est pas question pour les généraux syriens d’abandonner totalement le deuxième dispositif militaire le plus lourd du Monde arabe après celui de l’Egypte.

 

 

En plus de ces petites  formations  plus réactives, inspirées par la victoire du Hezbollah et de la Resistance Libanaise , Damas devrait se doter d’un potentiel de nuisance qui constituera la vraie dissuasion face à l’Etat Hébreux.

...Suite...

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