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Le Hezbollah établit une dissuasion à l'égard d'Israël.

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Le Hezbollah établit une dissuasion stratégique à l'égard d'Israël.

 Fateh 110. Image publiée par l'agence officielle FARS

L'année passée a été riche en rapports médiatiques sur le réarmement de la Résistance Libanaise et en anecdotes avérées ou non sur ses activités.

 

Il est de notoriété publique que le Parti de Dieu a reconstruit son arsenal. Ce n'est pas une révélation non plus de déclarer que le mouvement libanais s'est procuré des missiles sol-sol capable de frapper Tel-Aviv, vu que le Hezb possédait déjà des missiles Zelzal lors de la dernière guerre en 2006. Même si ces fameuses armes ne furent pas employées lors de cette guerre, aucun doute ne persiste quant à leurs existence. Selon les israéliens, plusieurs lanceurs Zelzal et Fajr furent détruit par leur aviation pendant les offensives qui ont duré 33 jours. Il est apparu que la Résistance a bien su illusionné les israéliens en leur offrant des cibles fictives constituées par des leurres physico-thermique. On peut penser que l'emploi de ces missiles fut gardé comme option ultérieure pour le cas où le conflit s'intensifie. Ces sûrement dans cette optique que le leader du parti Hassan Nasrallah, avait déclaré à l'époque que si le centre de Beyrouth était touché ce sera Tel-Aviv qui sera visé et non plus Haïfa.

 40000 missile et roquettes sont pointés sur Israël

S'il est évident que cet arsenal balistique existe, qu'y a t-il donc de nouveau?

 

Tout au long de l'année, des acquisitions et des dispositions furent imputé au Hezbollah, autant par des officiels israéliens et américains que par des services de renseignement européens. Toutes ces allégations ont été reprises par les médias arabes et occidentaux.

 

Outre les plaintes habituelles concernant le réarmement de la Résistance, Israël accuse cette dernière aujourd'hui de se doter d'un arsenal chimique. L'incident qui a eu lieu à Nabatieh et qui a causé la blessure de plusieurs civils libanais confirme selon les israéliens l'existence de dépôts d'armes chimique, il s'agit probablement de stocks de gaz VX ou gaz Sarin.

 

L'État Hébreux avait également déclaré que les combattants libanais ont déployé des batteries de défense sol-air dans la vallée de La Bekaa et dans le Sud et qu'Israël refuse ce genre de déploiement et considère que les conséquences retomberont sur tout le Liban. Le Hezb a répliqué que la défense de l'espace aérien libanais est légitime et qu'il se réservait le droit d'utiliser toute les gammes d'armement dans sa doctrine déffensive. Les systèmes anti-aérien transmis à la guérilla libanaise comportent outre les MANPAD Missagh de fabrication iranienne, des missile sol-air chinois HQ-7 ou sa version iranienne Thaqeb.
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Le quotidien israélien Ydeo'ot Ahranot avait publié à la fin de l'année passéeun rapport des services de renseignement israéliens, dans lequel on fait état du fait que la section du Moukhabarat du Hezbollah a réussi a infiltré l'armée et la société israéliennes(1), . Dans le but évident d'espionner les activités et les manœuvres de Tsahal. Le travail d'espionnage libanais a apparemment été bien mené, car la section de renseignement a fourni aux cadres du Hezbollah, une étude de 150 pages réunissant toutes les informations glanées au moyen d'espionnage humain, par écoutes électroniques ou par le biais d'agents recrutés dans les institutions israéliennes. Ces 150 pages offrent énormément d'informations sur les dispositifs de défense de Tsahal au nord d'Israël, incluant une connaissance approfondie sur différents radars terrestres et l'organisation opérationnelle de la Brigade 91 déployée face au Liban ainsi que sur les autres formations de la Galilée telle que l'unité chargée de poursuivre les combattants infiltrés, avec des chiens entrainés à cette fin. Le document préparé par les agents du Hezb se présente comme un manuel pratique, il est structuré avec une table de matières de quatre pages et présente même un chapitre dédié aux contre mesures proposées, afin de contrer les dispositifs israéliens et leurrer leur systèmes.

 

 

Lors d'une réunion au mois de novembre du comité du parlement israélien pour la défense et les affaires étrangères, le Général Ghabi Ashkenazi, commandant de l'état major de l'armée israélienne, a déclaré aux présents que le Hezbollah possède actuellement un arsenal de plus de 40'000 roquettes et missiles comprenant quelques centaines de missiles balistiques de 300 et 325 km de portée.

 

Par missiles balistiques, le commandant israélien voulait sûrement faire référence aux missiles Zelzal-2 et Fateh-110.

 fateh110

A son tour, le Jane's Defense Weekly a affirmé que la Syrie a livré au Hezb le tiers de son stocks de missiles M-600, c'est à dire environ 250 missiles sur 800. Le M-600 est un missile sol-sol de fabrication syrienne avec un rayon d'action de 200-300 km. Ce nouvel équipement offre à la résistance libanaise un vrai saut qualitatif, car contrairement aux Zelzal-2 qui est utilisé pour la saturation, le M-600 est guidé par un SNI, ce qui lui procure une précision qui manquait aux missiles libanais. Un autre avantage tactique de cette génération de missile à prendre en compte, est la propulsion à carburant solide. C'est un avantage technique non négligeable car il diminue la vulnérabilité du missile aux ratissages aériens, du fait qu'il demande beaucoup moins de temps pour le déploiement.

 

La Résistance Libanaise a aussi compris la nécessité de comprendre les erreurs opérationnelles du passé et a mené un vrai RETEX. La conclusion de ce retour d'expériences et qu'il vaut mieux abandonner le concept de véhicules lourds érecteur-lanceur, car difficile à camoufler. Dans ce but l'Iran et la Syrie ont développé une plate-forme de lancement fixe, érigeant chacune deux missiles et qui est finalement plus facile à camoufler car elle offre une plus petite surface à l'observation verticale. Ce développement consécutif au RETEX de la guerre de 2006, a été annoncé et officialisé par Téhéran.

 

De tous ces événements médiatisés sur la préparation et l'évolution du Hezbollah, il y en a un qui sort du cadre habituel et qui interpelle particulièrement. Fin juillet 2009, une publication américaine rapporte que le Hezbollah a pris en charge la formation de soldats et officiers de l'armée libanaise, à l'emploi de missiles balistique et la gestion des batteries sol-sol. Selon W. Thomas Smith(2), l'auteur de l'article, plus de 150 éléments de l'armée libanaise ont été sélectionnés pour suivre cet entraînement dans la région de Baalbeck. Le but du Parti serait d'impliquer l'armée nationale dans le prochain affrontement contre Israël, ou plutôt le prochain round comme le disent les libanais. L'article publié met en évidence la coordination qu'il y a entre la Résistance et l'Armée et qui se déroule par le biais de la chambre des opérations de l'état major de l'armée libanaise.

 

En somme, même si on ne peut se fier à des allégations venant de toutes part et amalgamées de propagandes américano-israélienne et que les sources occidentales manque d'impartialité à l'égard de tous mouvement moyen-oriental, on peut quand même dégager avec objectivité certaines grosses lignes de tous ce qui a été dit.


Sachant que les israéliens prétendent que Damas a livré des missiles anti-navires SS-N-26 au Hezbollah et sachant que c'est la génération de missile la plus récente en Russie et que la Syrie souhaite en posséder, il est peu probable que cette rumeur soit fondée. Surtout que Moscou a nié tout récement avoir jamais livré ce modèle d'armement à Damas. On peut parcontre conjoncturé que la guérilla libanaise se soit procuré des missiles navales plus récents et plus difficile à contrer éléctroniquement, que les C-801 dont elle dispose.


Reprenons tous les faits! Et on arrivera peut-être à la même déduction.

 

Le fait que la Résistance compile par espionnage des informations tactiques et stratégiques sur les dispositifs israéliens, qu'elle a même développé des drones pour les observer et les cartographier. Le fait qu'elle a acquis des armes chimiques, le fait qu'elle a déployé des missiles capables de couvrir tout le territoire israélien avec plus de précision, le fait qu'elle entraîne l'armée libanaise à utiliser ces missiles et le fait qu'elle a instauré un réseau de défense aérienne autour de ses installations sensibles, montre une évolution certaine.

 

En conclusion le Hezbollah cherche à instaurer une dissuasion, en créant un certain équilibre de potentiel de nuisance. Le Liban qui a accusé Tel-Aviv d'employer des armes interdites, pourra infliger dorénavant à Israël la même horreur. Si Tsahal utilise de nouveau des bombes au phosphore contre les villages du Sud, le Hezbollah utilisera peut-être des missiles a ogive de gaz moutarde contre les villages du nord. Si les israéliens persistent dans l'escalade aux armes interdites, la Résistance utilisera des ogives chimiques VX ou Sarin.

 

Le Secétaire Général du Hezbolah, M. Hassan Nasrallah a établi la nouvelle norme de la dissuasion, en déclarant publiquement l'année passée:

 

- "Dans l'étape actuelle, nous ne menaçons plus de bombarder Tel-Aviv en représailles si Beyrouth est attaquée, cette fois si, ce sera Tel-Aviv en représailles contre la Banlieue Sud et non plus Haïfa ".

 

Un vrai programme sécuritaire à l'échelle nationale et qui cherche a impliquer une mobilisation générale du Liban, en démontrant la complémentarité de la Résistance et de l'armée nationale.

  1. 1*Ydeoot Ahranoot, édition du 13 novembre 2009.

  2. 2*W. Thomas Smith Jr. Auteur analyste au www.analyst-network.com/

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